Avantages de la micro mobilité partagée en France

2019 M03 16

Une grande majorité des travailleurs français choisissent encore la voiture pour se rendre au travail. Cette situation n'est pas viable à long terme pour diverses raisons. Le graphique ci-dessous montre à quel point nous sommes devenus dépendants de l'automobile dans notre vie.

france city dependency on cars, sustainable mobility?

Il est souvent plus facile de sauter dans la voiture garée juste à côté que d'aller chercher son vélo derrière ou sur un balcon. Les vieilles maisons du centre-ville n'ont généralement que peu ou pas d'espace pour un vélo, mais l'appartement est toujours muni d'une place de stationnement devant les lieux. Cette question a été intelligemment abordée et, dans une large mesure, résolue par des villes comme Grenoble, grâce à l'introduction par milliers du Métrovelo. En plus de réaliser des places de stationnement pour vélos et des pistes cyclables supplémentaires, cela a motivé les citadins à utiliser ces vélos de location sans avoir besoin d'en posséder un. Ces programmes de vélos partagés ont permis de réduire le nombre de courts trajets en voiture en ville.

Toutefois, la part des déplacements en voiture dans les zones métropolitaines reste élevée. Ceci peut être considérablement réduit par la micro mobilité (partagée) et les zones d'échanges multimodales. Ce dernier n'est rien de plus qu'une plaque tournante connectant les transports publics à une micro mobilité partagée comme les vélos et scooters.

Ainsi, le trajet maison-travail et inversement se fait rapidement et en douceur. Une fois que les navetteurs auront adopté ces nouveaux moyens de transport, les grands utilisateurs pourront choisir d'acheter un scooter (pliable) ou un vélo électrique pour économiser au fil du temps et être assurés de toujours avoir accès à un véhicule deux-roues. C'est d'ailleurs déjà visible dans plusieurs villes françaises où, encouragés par le succès de Lyon et de Paris, les habitants peuvent être vus zipper plus fréquemment sur un e-scooter. Heureusement, avec l'utilisation d'un gouvernail. Une nouvelle législation nationale sur l'utilisation de la lumière et la micro-mobilité partagée devrait être publiée avant l'été. Elisabeth Borne (ministre française des transports) a déclaré précédemment que" notre objectif n'est pas d'entraver le service mais de mettre en place le cadre adéquat pour le développement de nouveaux services de mobilité pour nos citoyens ". C'est un signe d'espoir et de bon sens si l'on tient compte du fait que les centres-villes français sont bientôt appelés à devenir des zones à 30 km/h.

Lors de nos rencontres trimestrielles avec les villes françaises envisageant de mettre en place des formes d'e-mobilité partagée, les mêmes thèmes sont généralement abordés. Ces facteurs peuvent être considérés comme des facteurs critiques de succès et se résument comme suit.

zero mobility ride in bikelines

Comment connecter les zones mal desservies? Lorsque la géofence de l'application permet à certaines zones mal desservies d'être mieux reliées au centre-ville et aux principales zones industrielles, cela peut inciter les travailleurs à laisser la voiture à la maison le plus souvent.

Ici, la micro mobilité partagée peut vraiment ajouter de la valeur au réseau de transport public existant. A condition bien sûr qu'il y ait beaucoup d'e-scooters dès le petit matin dans la zone prévue à cet effet.

Prévenir le vandalisme et le vol. Les villes entendent éviter cela autant que les opérateurs eux-mêmes. Les délits mineurs peuvent mener à plus de délits (théorie de la fenêtre cassée) et les scooters mal traités ne reflètent pas bien la réputation d'une ville. Le vol pur et simple entraîne en fait moins d'options de mobilité, raison pour laquelle ils ont été introduits au départ. Il y a plusieurs choses pouvant être faites pour atténuer ces actes. Tout d'abord, le matériel doit comporter des fonctionnalités empêchant l'utilisation de scooters verrouillés, par exemple des systèmes d'alarme sonore ou des systèmes de lampes. Les mécanismes dits de " verrouillage " permettent également de verrouiller le scooter sur un objet physique réel. Sortir les scooters des rues la nuit, et enfin, optimiser la zone de service et bannir les mauvais utilisateurs de l'application fonctionnera sûrement aussi.

Comment éviter le blocage des trottoirs et une trop grande "pollution visuelle" ? Un autre aspect clé pour assurer l'adoption et l'acceptation locales. L'éducation et l'information des utilisateurs dans l'application jouent ici un rôle clé. Plus précisément, les utilisateurs peuvent être tenus de télécharger une photo du scooter garé avant de pouvoir mettre fin à la location. De plus, la géolocalisation de l'aire de service avec des " îles " peut également permettre d'éviter que les scooters ne soient stationnés dans des zones piétonnes très fréquentées comme autour des gares ferroviaires. Enfin, l'application devrait mentionner les places de stationnement existantes, et si les scooters sont équipés d'un mécanisme de verrouillage, cela sera également très utile.

Partage des données. En permettant aux autorités d'accéder à des données anonymes et à une interface de positionnement temps réel des scooters, il est possible d'optimiser les infrastructures locales et de mieux répondre aux besoins des habitants, organisateurs d'événements et visiteurs.

zero mobility escooter

Comment gérons-nous les opérations localement? Contribuer à l'augmentation de l'emploi local est toujours un aspect positif. Idéalement, il s'agit d'emplois contractuels à temps plein plutôt que de concerts occasionnels pour étudiants et pigistes. Il est nécessaire de récupérer les e-scooters la nuit avec une camionnette électrique et de les nettoyer, entretenir et les charger dans un entrepôt. Cependant, lorsque le volume et l'aire de service augmentent, par exemple à Paris, il peut être essentiel de compter sur la communauté des freelances pour localiser et facturer les scooters pour une compensation soignée. Qu'on les dépose dans la rue tôt le matin à des endroits désignés. Il devient tout simplement trop complexe et trop coûteux de collecter soi-même une flotte de milliers de véhicules aux heures de pointe. Par ailleurs, la minimisation des déplacements en voiture est l'intérêt d'offrir des formes légères et partagées de micro mobilité.

La plupart des grandes villes françaises publient cette année une forme d'appel d'offres public. C'est la meilleure manière de procéder lorsque vous, en tant que ville, souhaitez exercer une certaine forme de contrôle sur ce qui se passe dans vos rues.

Les parcs de scooters déployés pendant ou après l'été permettront d'éviter beaucoup de congestion, de bruit et d'émissions. Le moment est bien choisi : les ventes mondiales de voitures sont en baisse et la mobilité en tant que service (MaaS) en hausse.